Après l'entretien, il se repent, se repeint. «C'est comme après une prise, on a envie d'en faire une autre.» C'est pas grave, le portraitiste entre pour un max dans le résultat du portrait : «Oui, tu parleras de toi, quoi.» C'est ça. Pour la photo ci-dessus, c'est compliqué, parce qu'il est en tournage. Il joue et réalise, ce soir-là, dans les locaux des éditions Actes Sud son premier long métrage. Il y interprète un écrivain. «Dis à Jany [iconographe à Libération, ndlr] que le photographe de plateau la connaît, peut-être il peut faire le portrait.» Cela ne se fera pas. Louis-Do de Lencquesaing vouvoie sa mère. Mais il tutoie tous les autres et tout le monde l'appelle Louis-Do, comme dans «enfant-do». «Lencque-z-aing, zinc, on dit, c'est un "s" entre deux voyelles, non ?» On l'avait rencontré à Cannes, où il était à l'affiche de quatre films en course, plus speed que ce jour mouillé, à la tombée duquel on le cueille.
Le voilà calme, assis cool (pas tout à fait affalé) dans un café vide, ambiance 40 watts. Deux bières. Il a une façon de parler de sa fille qui rappelle Gainsbourg, faussement libidineux, «Elle joue dans mon film, elle m'étonne, tu devrais la voir, elle est plus actrice que moi.» On l'interroge sur son enfance, charte freudienne oblige : «Je suis le cadet, le préféré. - C'est vrai ? - Il faudrait vérifier auprès de ma mère.» Esprit de répartie. Un peu plus tôt, parlant de cheval (on a oublié




