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chronique

Mais que fait «Polisse» ?

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JoeyStarr (au centre) et Maïwenn (à gauche) dans «Polisse». (DR)
Publié le 19/11/2011 à 0h00

Nous devrions remercier Pierre Schöller pour son film l'Exercice de l'Etat car il nous redonne confiance dans les capacités de l'art pour poser de nouveaux problèmes politiques. Mais aussi pour avoir rendu moins dramatique la sortie, une semaine plus tôt, de Polisse de Maïwenn qui a fait néanmoins beaucoup plus d'entrées et que les critiques et le public semblent adorer.

Tandis que Pierre Schöller nous fait réfléchir, voire aimer, ce régime politique si peu sexy, si contraire à notre nature qu’est la démocratie, Maïwenn s’acharne à faire exactement le contraire. Et ceci avec tant de passion qu’en quittant la salle, on peut se sentir soit insulté, soit dans l’incapacité presque absolue d’abriter le moindre espoir dans le genre humain. Non pas parce que la jeune réalisatrice nous montre le nombre incalculable de pédophiles et autres monstres analogues qui sévissent à Paris et que la brigade de mineurs traque, interroge et capture. Si l’on sort de la salle accablé, c’est parce que ce film semble une commande du ministère de l’Intérieur - voire d’un obscur dictateur d’une République bananière - dont le but aurait été de composer une sorte d’hymne aux forces de l’ordre. La réalisatrice nous explique que pendant que nous dormons, travaillons, nous amusons dans la plus grande insouciance, la police veille sans relâche, sans retenue, sans faute, à ce que nos enfants ne tombent pas dans l’enfer. Ce sont eux, les policiers que nous ignorons, critiquons, méprisons, env

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