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Libération
Critique

Conversation à Bretons rompus

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Crêpes. Sophie Letourneur déclenche un tourbillon de dialogues dans un court métrage excité.

(DR)
Publié le 08/02/2012 à 0h00, mis à jour le 08/02/2012 à 16h20

C’est le marin masqué. Les plus vieux d’entre ici se demanderont si son concombre l’est aussi. En tout cas, c’est un titre teasant de la mort, car de marin, à l’horizon de départ, point, sinon qu’on va à Quimper.

Déjà, dans la Vie au ranch (2009), Sophie Letourneur faisait un truc bizarre entre les bouches et les cerveaux de ses personnages emberlificotés dans leurs problèmes amoureux tout nazes. Elle avait enregistré des conversations de filles entre elles, puis leur avait demandé de rejouer le texte exact, ou presque.

Echos. Le Marin masqué amplifie le procédé. Film fou rire sur le décollement, quand plus rien ne tient ensemble, les mots ni les images, ébriété de la parole amoureuse, entièrement postsynchronisé (et plutôt deux fois qu'une). Avec en prime, au cas où on croirait que c'est sérieux, un bon gros iris noir autour de l'image façon Charlot.

Il est donc une fois deux filles dans une bagnole, qui parlent de mecs et d'être insupportable ou de ne pas supporter l'autre, discours pour téléréalité psychologisante et le sachant, débité d'un ton blanc sur l'air de «j'avais la gueule dans le cul, j'avais pris trois Lexo la veille» et ponctué de «ah ouais» en guise de cause toujours. On entend les filles parler (l'une d'elles est Letourneur, forcément) et en même temps, on les entend, au même niveau sonore, commenter ce qu'elles disent comme si elles étaient dans la salle, en train de mater leurs aventures avec nous. L'une a

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