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Critique à l'oeil

«Mekong Hotel» voit doubles

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Apichatpong Weerasethakul invente le pobcast

Publié le 17/05/2012 à 20h41, mis à jour le 18/05/2012 à 19h29

Dans la salle Bazin du Palais des Festivals, moins de dix pour cent de la salle a quitté la projo. Une demi-douzaine de rires gras seulement s'est fait entendre ensuite. Comme disait une critique thaï rencontrée dans la file d'attente : et encore, les journalistes détestent moins qu'avant.

Distance intime

Weerasethakul, c'est le moyen de mourir de poésie. Comment filmer une pelleteuse dépiautant des troncs d'arbre avec la grâce d'une sauterelle. Ou à l'inverse, des jet-skieurs sur un fleuve comme les atomes en chute aléatoire dans l'univers. Un guitariste pendant deux minutes (là, les gens sortent de la salle). Autre performance : avoir cet unique morceau de musique durant une heure en continu, en boucle, sans qu'il devienne insupportable.

Pour regarder le monde, Weerasethakul se met à la distance idoine, plan d'ensemble un peu de biais, comme s'avançant sur un promontoire, prêt à reculer, délaisser la scène. Dans un détachement attentif.

On s'aperçoit que les années 60 ont filmé l'Asie du Sud-Est comme elle peut se voir encore ou vice-versa. Resnais avait emporté le Mékong à Marienbad en passant par Hiroshima.

Pob de nous

Résumé de Mekong Hotel : sous l'oeil de Joe (Weerasethakul himself), un guitariste ne se rappelle plus la chanson qu'il a composée. Il la retrouve cependant, en deux fois, qui font deux parties du film. La situation à laquelle on assiste se déroule peut-être de cette musique qui l'accompagne tout du long. Où l'on voit une femme d'âge médian devenue un "pob", une sorte de fantôme

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