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Libération
Critique

69, âge acrobatique

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Publié le 28/08/2012 à 19h08

Le plus vieux festival de cinéma du monde, qui fête sa 69e édition, est aussi le plus désaxé, ce qui est peut-être une forme de compliment. Avec Venise, voilà près de trente ans que la crise dure, tout le monde étant d'accord (et au premier chef son «nouveau» directeur, Alberto Barbera, lire ci-contre) pour situer au début des années 80 le moment où la Mostra a perdu la bataille - symbolique, économique, médiatique - contre son meilleur ennemi, le Festival de Cannes. Depuis, la manifestation italienne n'a cessé d'osciller entre deux statuts, deux images : tantôt vénérable patriarche désargenté mais fiable ; tantôt vieille fille dont l'esprit bat gaiement la campagne, tandis que son capital se délabre et que ses concurrents la pillent. Pourtant, il reste à la Mostra un bastion que tous les autres lui envient : celui du prestige artistique et de la reconnaissance critique. Il suffit de juxtaposer les palmarès respectifs des festivals de Berlin, Cannes et Venise depuis leur création pour comprendre ce qui fait aujourd'hui encore la valeur inestimable d'une sélection sur le Lido. A cet égard, en revitalisant fortement les sélections, les deux mandats successifs que vient d'accomplir Marco Müller à la tête de la Mostra avant de passer la main, contre son désir, à Alberto Barbera, auront été décisifs. Le volontarisme qu'exprime ce dernier, annonçant par exemple un marché du film et un nouveau palais, doit être accueilli avec prudence, sinon scepticisme : en Ita

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