Depuis Cannes et la Quinzaine des réalisateurs où il fit sensation, la réputation de Camille redouble n'a cessé de gonfler, plaçant Noémie Lvovsky, qui l'incarne et le dirige, à l'avant-garde d'un nouveau genre de comédie française.
Camille redouble est très souvent amusant, mais est-ce stricto sensu une comédie?
Non, pas vraiment. Ce n’est pas une tragédie non plus. Mais je ne saurais pas facilement où le ranger, j’ai du mal à être spectatrice. C’est un film obsédé par la perte.
Quelle importance a eu pour vous Peggy Sue s’est mariée, de Francis Ford Coppola?
C'est un film que j'ai bien sûr aimé très fort. Pour moi, c'est vraiment un grand film, même si certains le considèrent mineur dans la filmographie de Coppola. Je n'ai pas voulu le revoir ni pendant l'écriture ni avant le tournage. Ce qui était important à mon sens, c'était la convention de personnages qui retournent dans leur passé avec leurs corps présents. Dès que j'ai eu de bonnes raisons personnelles de faire Camille redouble, je ne me suis plus préoccupée de Peggy Sue. Et il y a aussi d'autres films de Coppola qui m'ont influencée.
Retourner dans son adolescence est un fantasme universel, mais qui renvoie à une dimension très intime pour chacun, très personnelle…
C’est pour ça que le public que j’ai pu croiser pendant les présentations du film dans les villes en province est souvent venu me parler à la fin des projections. Beaucoup de gens m’ont dit que ça les avait renvoyés à des choses très précises dans leur histoire personnelle. Certains m’ont même demandé des conseils ! Mais je suis bien incapable de leur en donner…
Comment joue-t-on une ado de 16 ans avec un corps de 40 ?
Comme expérience d’actrice, il est très troublant de se retrouver dans la peau d’une jeune pucelle de 15 ans, qui se retrouve sous une couette avec un garçon qui en




