C’est dans un climat de légère anxiété que les producteurs français attendent les détails de l’annonce du budget 2013. Enjeu du suspense : l’avenir des Sofica, sociétés pour le financement du cinéma et de l’audiovisuel, une niche fiscale qui, comme toutes les autres, se trouve dans le collimateur du gouvernement.
Créées en 1985, les Sofica sont des fonds d’investissement qui permettent aux particuliers de participer au financement de films. Pour un contribuable, investir dans ces sociétés permet de bénéficier d’une réduction d’impôts actuellement plafonnée à 36% du montant de leur investissement (dans la limite de 18 000 euros), alors qu’elle était encore de 48% voici deux ans. A titre d’exemple, un contribuable qui investit 1 000 euros dans une Sofica réalise une économie d’impôts de 360 euros, le risque en capital portant sur les 640 euros restants.
Si, depuis presque trente ans, les Sofica ont fait l’objet de modifications parfois discutables, elles se sont durablement installées dans le paysage du cinéma français et il suffit de jeter un coup d’œil à la diversité des films concernés pour en mesurer l’impact.
Au cours de l'exercice 2011, sur les 272 films agréés par le Centre national de la cinématographie (CNC), 104 ont bénéficié d'un financement Sofica, représentant, en moyenne, 6,57% de leur budget global, taux qui dépasse 10% dans de nombreux cas. Dans le but d'orienter les investissements des Sofica vers la production indépendante, le CNC incite ces structures à consacr




