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Critique

«Wellington», guère épais

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Bicorne . Raúl Ruiz est mort avant d’avoir mis en chantier sa fresque napoléonienne. Sa compagne, Valeria Sarmiento, a repris le flambeau.

Melvil Poulpaud, l'oeil équin en Masséna. (DR. )
Publié le 20/11/2012 à 19h06

Un fantôme plane au-dessus des Lignes de Wellington, le fantôme ami et assumé de Raúl Ruiz, dont ce film était le dernier projet. Un projet assez peu ruizien (pour autant qu'il existât des sujets que Ruiz n'eût pu faire siens) par ses dimensions historiques et objectives : l'observation, depuis une assez haute vue, de la lamentable campagne napoléonienne dans le Portugal des années 1810. Le film commence avec la première défaite essuyée par le maréchal Masséna à Buçaco et s'achève au pied des fortifications dressées par Wellington, allié des Portugais, à Torre Vedras, devant lesquelles les Français, penauds, préféreront finalement tourner les talons.

Polémologie. En reprenant le flambeau de celui dont elle fut et la monteuse et la compagne, Valeria Sarmiento a pris soin de ne pas confondre fidélité et servilité : ses Lignes de Wellington ne cherchent pas à imiter ce que Ruiz aurait pu en faire ni à en faire chanter la nostalgie. La cinéaste prend plutôt le parti d'une certaine rigueur factuelle quant à la grande histoire ici visitée.

Sans être édifiant, le film donne matière à mieux connaître, donc mieux comprendre, ce qui s'est joué dans ces derniers feux des guerres napoléoniennes. Parce qu'il articule aussi le cours des événements humains, sociaux, avec une histoire des techniques et des représentations, il éclaire également sur notre propre façon d'interroger l'histoire. Le cinéma a déjà été le creuset de deux traités de polémologie virtu

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