Le film se veut «journalistique»… et le voilà qui met au jour des intrigues internes à la CIA ! Par un étonnant retour de bâton, ou mélange des genres, le tout nouveau film de Kathryn Bigelow, Zero Dark Thirty («minuit trente», dans le jargon militaire américain), qui retrace la traque et l'exécution de l'ennemi public numéro 1 de l'Amérique, maître de la nébuleuse Al-Qaeda, feu Oussama ben Laden, est en train de jeter un coup de projecteur embarrassant sur quelques drames internes à la CIA (lire ci-contre).
Comme il se doit pour une bonne œuvre de «reportage», Zero Dark Thirty relance aussi aux Etats-Unis les interrogations sur une opération jusqu'alors considérée comme l'un des grands triomphes d'Obama.
Réalisé quelques mois à peine après les faits qu'il est censé rapporter, le nouveau film événement de Kathryn Bigelow, ex-épouse de James Cameron (oscar de la réalisation, en 2009, pour Démineurs, également auteure du classique surf Point Break en 1991, comme du thriller millénariste Strange Days, en 1995) «tente une approche presque journalistique», a-t-elle expliqué au New Yorker. Elle-même et son scénariste Mark Boal ont pu rencontrer et interroger plusieurs acteurs de cette chasse à l'homme, à la Maison Blanche, au Pentagone et à la CIA. Ceux-ci leur ont si bien ouvert leurs portes que beaucoup, avant la sortie du film, craignaient surtout une œuvre à la gloire des services américains et du «comma




