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Jean-Henri Roger, neige éternelle

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Disparition. Le cinéaste militant, collaborateur de Jean-Luc Godard, est mort le 31 décembre à 63 ans.

Sur le tournage de «Neige» avec Juliet Berto. (DR)
Publié le 03/01/2013 à 20h06

Le cœur a lâché le tout dernier jour de 2012, et ainsi a disparu Jean-Henri Roger, cinéaste discret mais au parcours taillé dans l'intégrité, chose rare. Il avait 63 ans et quelques beaux films derrière lui : entre autres Neige et Cap Canaille coréalisés avec Juliet Berto, ainsi que Lulu. Comme acteur, sa dernière apparition (fugitive) fut dans les Neiges du Kilimandjaro, de Robert Guédiguian, en 2011.

Maoïsme. Jean-Henri Roger fut d'abord un militant, réalisateur de films politiques, agitateur tonique. A Marseille, le lycéen né de parents communistes engagés découvre le maoïsme. Autant dire que c'est une rupture. Alors il monte à Paris pour travailler à la Cause du peuple (dont Libération est issu) et assouvir une sérieuse soif de cinéma. Il n'a pas 20 ans lorsqu'il rencontre Jean-Luc Godard : il s'engage immédiatement dans l'aventure Dziga Vertov, du nom de ce groupe d'obédience maoïste fondé par Jean-Luc Godard et Jean-Pierre Gorin qui signait collectivement des films militants. En 1969, Roger collabore avec Godard à la réalisation des films Pravda et surtout British Sounds, commandé par une petite chaîne anglaise, London Weekend Television, qui refusera d'ailleurs de le diffuser.

Dziga Vertov se dissout en 1972, Jean-Henri Roger bifurquant dès l’année suivante vers le collectif Cinélutte, nouvelle expérience artistique des luttes sociales qui diffuse ses films en dehors du système.

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