Outre nous amuser, nous distraire et nous donner du plaisir, le cinéma peut aussi nous instruire. Non seulement parce qu’il nous permet de prendre connaissance des faits que nous ignorions ou d’accéder à des idées que nous n’aurions pas eues autrement. Mais aussi parce qu’il nous permet de mesurer le climat politique dans lequel nous vivons. Les récits cinématographiques s’appuient très souvent sur des idées et des valeurs que le réalisateur partage avec le public. Des idées et des valeurs devenues dominantes au point que nous devons faire un effort pour comprendre qu’elles sont stupides, antidémocratiques, voire indécentes.
C'est au prix d'un tel effort que l'on peut aller voir deux terribles navets - Lincoln, de Steven Spielberg et Hitchcock, de Sacha Gervasi - et un plus acceptable, Zero Dark Thirty, de Kathryn Bigelow. Ces trois films exploitent une idée qui semble devenue évidente depuis les attentats du 11 Septembre : celle selon laquelle des vérités politiques seraient supérieures aux procédures démocratiques. Des vérités connues d'avance et exclues de la discussion publique au nom desquelles toutes les torsions aux règles et aux principes de l'Etat de droit sont admissibles.
Dans le film de Steven Spielberg, on découvre un Lincoln qui, pour obtenir le vote du 13e amendement abolissant l'esclavage, fait appel à la corruption des députés démocrates avant de recourir au mensonge sur l'état des négociations de paix alors que la guerre




