«Tu es comme une tempête de merde dans ma vie.» La réplique, relevée dans The Necessary Death of Charlie Countryman, très mauvais film de Fredrik Bond, est certes crue mais pourrait servir d'exergue aussi bien pour la sélection officielle du 63e festival de Berlin que pour son palmarès final délivré le week-end dernier. De film bosniaque bien filmant (Iron Picker, de Danis Tanovic, grand prix du jury et prix d'interprétation pour l'acteur Nazif Mujic), en fiction roumaine faisant renifler sur le dos de la «tragédie» rom (Child's Pose, de Calin Peter Netzer, ours d'or), chaque jour creusait un peu plus profond la tombe d'un festival qui, jusqu'au déchirement du scrotum, a commis le grand écart entre le gras film américain tout plein de gentilles vedettes, et la création faussement fauchée et donc censément «artiste». Total un embrouillamini dont quelques têtes eurent bien du mal à émerger.
Charlot. Témoin rare et exemplaire : Pardé, le Rideau, de Jafar Panahi. Le chantage au «cinéaste-iranien-emprisonné-et-méritant» a bien eu lieu mais son film réalisé dans des conditions compliquées empêche tout protocole compassionel. Le «rideau» du titre est un rideau de fer en accordéon qui barre le premier plan du film. Entre la caméra et le monde, la perspective est barrée et la profondeur, un champ de mines. A peine arrivé dans une villa des bords de la Caspienne, le protagoniste princ




