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Critique

«Ouf» : Dingo unchained

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Wonder Woman. Comédie française sur un quadra excentrique et lunaire en conflit avec ses proches.

Eric Elmosinno. (Photo DR)
Publié le 26/02/2013 à 19h06

A moins de faire partie d’une secte survivaliste refusant tout contact avec le monde extérieur, on sait que «ouf» est une vieille interjection soulignant un profond soulagement, mais aussi un adjectif désignant un individu souffrant de troubles plus ou moins aigus du comportement.

A partir de cet argument sommaire, Yann Coridian décrit les errances d’un quadra dépressif (Eric Elmosnino) qui rend la vie assez pénible à son entourage pour être conduit à plusieurs reprises dans un établissement où il est supposé retrouver, à coups de cachetons et de bienveillance du personnel en blouse blanche, un semblant d’équilibre mental. Ces internements ont surtout pour objet de rassurer les proches du maboul - femme et enfants, amis, parents, frère, psychanalyste… -, tous obsédés par une normalité dont ils ne sont pas foutus d’en esquisser les limites et dont leurs propres existences démontrent qu’ils sont loin d’en constituer de désirables parangons. Juste au passage, signalons la présence au générique de Luis Rego qui campe le père d’Eric Elmosnino. Laisser ce type au rencart est un des péchés du cinéma français.

Pour le reste, il est possible que pour son premier long métrage, Yann Coridian ait surtout eu envie de régler quelques comptes. C’est, en tout cas, l’impression laissée par cette galerie de personnages, parfois touchants mais d’une intolérance d’acier à l’égard de cet homme lunaire dont l’excentricité poétique et mélancolique, autrement dit sa nature profonde, s’est métamorphos

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