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Critique

Arendt sur image

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Sixties. Biopic passionné de la philosophe à l’époque du procès Eichmann à Jérusalem.

L'Allemande Barbara Sukowa interprète Hannah Arendt. (Photo DR)
Publié le 23/04/2013 à 19h16

Faire un film, une fiction, une romance sur l'une des plus grandes controverses du XXe siècle, c'est audacieux. Et périlleux. Mission pratiquement impossible qui, bien sûr, ne pouvait qu'exciter la cinéaste allemande Margarethe von Trotta qui ne craint pas la polémique. Elle a bataillé pendant dix ans pour monter son Hannah Arendt, un portrait de femme forte, indépendante, seule contre tous, comme en raffole la cinéaste, qui avait déjà tourné un film sur une autre héroïne juive allemande, Rosa Luxembourg.

Au point de l’aimer tant qu’elle fait un portrait enthousiaste de la philosophe, sans distance, sorte de Zorro intellectuel qui a raison contre son milieu, ses proches de la gauche new-yorkaise ou ses amis allemands sionistes installés en Israël. Même son amour de jeunesse pour le philosophe Martin Heidegger, qui rejoindra le parti nazi en 1933, est avant tout une passion sympathique, illustrée par de douces promenades dans les forêts ou la porte d’une chambre qui s’ouvre…

Thèses. L'héroïne de Von Trotta est interprétée par la formidable Barbara Sukowa, qui parle surtout allemand et aussi anglais avec un fort accent. Après avoir fui l'Allemagne hitlérienne, Arendt s'est réfugiée à Paris. Puis elle a réussi à s'échapper, avec son mari, du camp français de Gurs (Pyrénées-Atlantiques), où l'on emprisonnait les juifs étrangers avant de les livrer à la déportation. Exilée en Amérique, la philosophe est devenue une star univ

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