Lorsqu'il fut présenté jeudi dernier, en tête du Festival, Jeune & jolie est passé comme une lettre à la poste, avec un succès critique plutôt net et une soirée de gala fort réceptive. Malgré le soufre de son sujet, la prostitution sans motif explicite d'une belle lycéenne aisée, le film d'Ozon a été reçu à la fois comme un bon film et un divertissement valable. Las ! Un entretien avec le cinéaste publié lundi par le Hollywood Reporter est venu allumer une sorte d'inutile polémique à retardement. Questionné sur son sentiment personnel à propos de questions aussi vastes, complexes et privées que la sexualité, le désir, la prostitution, l'interviewé lâche une bien bénigne provocation : «Beaucoup de femmes fantasment de se prostituer», estime-t-il. François Ozon est cinéaste, rappelons-le, pas psy ni sociologue ou journaliste à Elle. Solliciter son expertise sur ces questions comporte le risque de l'entendre faire une réponse… d'artiste. Sommé de s'expliquer, Ozon, assume : «C'est la réalité. Parlez avec des femmes… Tout le monde sait ça. Enfin, peut-être pas les Américains !» En manque de polémique rituelle, nostalgique des facéties hitlerophiles de Lars von Trier, la nuée médiatique cannoise, électrifiée comme une grenouille-réflexe, n'a pas résisté à l'aubaine et s'est immédiatement jetée sur les mots du délit. Atomisé en tweets
Cannes
Une polémique qui monte
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Publié le 21/05/2013 à 21h46
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