Au dernier Festival de Cannes, la projection de Ma vie avec Liberace produisit le fameux effet avant-après. C'était comme si, tout à coup, une mirifique et impétueuse Nef des folles avait éperonné le bunker, déposant ses nuages de strass et de plumes de cygne sur une assistance qui n'imaginait pas à quel point elle en avait besoin. Pour le public français, et plus généralement non états-unien, c'était aussi l'occasion de faire mieux connaissance avec l'une des plus fabuleuses créatures du bestiaire show-biz américain : l'ineffable Liberace, dont le premier Libération week-end a étudié le cristal mythologique dans ses moindres éclats. Ma vie avec Liberace brille, en effet, mais pas seulement par sa matière, pas seulement parce qu'il enivre et éblouit. Lorsque tous ses feux sont éteints, il scintille toujours : au-delà de son chatoiement, le film est par lui-même brillant.
Sagesse. Inspiré d'un livre de souvenirs, Behind the Candelabra («Derrière le candélabre»), écrit par Scott Thorson quelques années après sa relation amoureuse avec la star, le scénario a d'abord la grande sagesse de n'être pas un portrait du vieux Liberace, mais la chronique de ce jeune homme-là, «all American boy» élevé à la campagne par une famille d'accueil, vaguement bisexuel et pas du tout gigolo dans l'âme. Comment




