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Cinéma

Serra, vampire des sens

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Crocs. Rencontre avec le furieux cinéaste catalan Albert Serra, auteur d’«Histoire de ma mort», où Casanova se fait sucer par Dracula.

(Photo Bruno Charoy)
Publié le 22/10/2013 à 18h06

Albert Serra est né en 1975 à Banyoles (Catalogne), fils unique d'une famille petite bourgeoise dont le père est distributeur en charcuterie et la mère couturière. «Ma famille est d'origine paysanne, chez moi personne n'a jamais lu un livre.» En 1993, «pour être libre», le jeune Albert part à Barcelone pour y suivre à l'université des cours de littérature espagnole. «Pour prolonger ce doux état d'étudiant, j'ai fait deux ans d'histoire de l'art.» Et pas d'école de cinéma ? «Pourquoi faire ? Est-ce qu'il y a des écoles de rock'n'roll ?»

Ecce hombre

Jaillissant de l'ascenseur d'un petit hôtel du quartier de République à Paris, le jeune homme (37 ans, mais en paraissant dix de moins) a tous les arguments et les accessoires pour figurer à la une de Foufou Magazine : costard anthracite ajusté, groles anglaises parfaitement entretenues, barbouze tendance (trois jours mais pas plus) et lunettes noires, alors qu'il ne fait pas grand soleil. L'autre surprise qui déjoue tous les clichés du créateur cramé de l'intérieur, le type est très drôle, même en français qu'il parle parfaitement, sans, dit-il, l'avoir jamais appris à l'école. Pour preuve de cet humour un peu détraqué, il est conseillé de se ruer sur le site officiel du festival de Locarno où Serra a commenté son léopard d'or obtenu en août pourHistoire de ma mort. On en apprend de belles à l'occasion d'une étonnante auto-interview : après s'être félicité chaleureusement d'avoir gagné, Serra nous i

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