Pour faire une bonne parodie, il est recommandé de bien connaître ses classiques. Ce n'est pas Georges Lautner, disparu vendredi à Paris à 87 ans, qui aurait dit le contraire. Lui, le grand amateur de polar et de cinéma américain, dont le nom est passé à la postérité grâce à une poignée de pastiches qui continuent à faire le bonheur des chaînes de télévision qui les rediffusent avec la régularité d'un métronome. On peut même imaginer que cette gloire, qui plus est tardive, pouvait constituer un sujet vaguement déprimant pour le réalisateur aux quarante-sept films (de la Môme aux boutons, en 1958, aux Redoutables, téléfilm tourné en 2000) qui n'a pas ménagé ses efforts, au cours de sa longue carrière, pour se faufiler hors du registre de la comédie, sans finalement jamais réussir à s'en affranchir.
Je-m'en-foutisme. La cause de cet enfermement est double. D'une part, la médiocrité de ses films «sérieux», qu'il s'agisse de polars à la française, calibrés pour servir sur un plateau des rôles sur mesure aux cadors de l'époque (Jean Gabin dans le Pacha, Alain Delon dans Mort d'un pourri ou Jean-Paul Belmondo dans le Professionnel, le Guignolo ou le sinistre Joyeuses Pâques), ou de tentatives plus audacieuses, toutes soldées par des catastrophes industrielles, comme la Route de Salina, tourné aux Etats-Unis avec Mimsy Farmer, ou Présumé dangereux, en 1974, avec un Robert Mi




