Tout le monde connaît le début de l’histoire. Le 10 mai 1981, sur le coup de 20 heures, François Mitterrand est élu président de la République française. La gauche revient au pouvoir vingt-trois ans après. Un souffle nouveau envahit le pays. L’état de grâce dure un petit semestre. Un peu moins dans la banlieue lyonnaise (Vénissieux, Rillieux-la-Pape, Bron) où des gamins, lassés d’un racisme honteux, d’être exclus de tout ce qui compte, mettent le feu aux bagnoles et se fritent avec le pouvoir. Une époque où un jeune peut perdre la vie ; coupable d’arborer les mauvaises couleurs. Les enquêtes ne vont jamais bien loin, et ça finit par se voir. La tension monte. Eté 83, des affrontements éclatent (encore) aux Minguettes, à Vénissieux, entre jeunes des barres et policiers. Toumi Djaïdja tombe sous les balles. Il se relèvera. Sous l’impulsion du curé Christian Delorme, ils décident de marquer le coup. Ils traversent la France pour demander l’égalité. Trente ans plus tard, on ne lésine pas pour ressusciter l’histoire. Documentaires, bouquins, débats…
Le Belge Nabil ben Yadir a décidé d'en faire un film, la Marche. Le casting a de la gueule. Après Né quelque part, Tewfik Jallab confirme. Oliver Gourmet assure, et Jamel Debbouze laisse de la lumière à ses camarades. Le film raconte toute l'épopée, longue de 1 500 bornes. Des débuts compliqués, ponctués de toutes sortes de péripéties, une quinzaine de personnes à Marseille le 15 octobre. A l'arrivée triomphale, plus




