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Cinéma

«Dallas Buyers Club» : maladies en sous-sol

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Métamorphose touchante d’un Texan redneck atteint du sida joué par un Matthew McConaughey squelettique.

Matthew McConaughey (chapeauté) en inspecteur des travelos publics. (Jared Leto). (Photo Anne-Marie Fox)
Publié le 28/01/2014 à 17h26

C'est une évidence, mais les films qui convoquent le passé ont salement intérêt à avoir un truc pertinent à dire sur le présent. C'est tout l'enjeu de Dallas Buyers Club, qui exhume l'explosion du sida dans les années 80 aux Etats-Unis, en enchâssant dans le récit du cataclysme dont le monde n'a pas fini de subir les répliques un épisode singulier et méconnu.

Il s'agit de l'apparition de petits commerces où des malades du sida pouvaient, à grands frais, se fournir en médicaments que le gouvernement américain était infoutu de leur donner. Par incompétence, un peu, mais surtout par ce délicieux sens de la cupidité qui caractérise le capitalisme made in USA. Car, au moment où l'AZT fait son apparition sur le marché, au tarif historique de 10 000 dollars par année de traitement et par patient, un record inégalé, les autorités sanitaires prenaient un soin obsessionnel à verrouiller à double tour l'accès à des substances capables de retarder les effets dévastateurs de l'épidémie. En Californie, en Floride ou au Texas, ces officines durent subir l'acharnement de la justice américaine défendant les intérêts de laboratoires qui se gavaient de fric pendant ce temps.

Rodéos. Le choix de fixer l'action à Dallas, Texas, pas exactement la contrée la plus accueillante du monde, ni pour les homosexuels ni pour les malades du sida, appartient au scénariste, Craig Borden, un journaliste qui fut le premier à s'intéresser au phénomène de ces

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