Une gauche molle, sans idée, incarnée par un leader privé de tout charisme, Enrico Oliveri, qui voit jour après jour ses sondages s'effondrer. Toute ressemblance serait fortuite. L'histoire se passe en Italie, et ce film sorti de l'autre côté des Alpes il y a un an, peu avant les élections de février 2013, s'avéra prémonitoire. Mais dans le roman d'Andò qui, chose rare, en a lui-même tiré un film, le leader du parti brocardé par les militants - même si ces derniers reconnaissent «qu'il reste malgré tout le moins mauvais choix possible» - craque. Il disparaît et fuit à Paris retrouver un amour de jeunesse (très émouvante Valeria Bruni-Tedeschi). Panique au parti. Son secrétaire et bras droit se rappelle qu'il a un frère jumeau, Giovanni Ernani, philosophe à peine sorti d'asile psychiatrique qui peut aider à le retrouver. Mais lui, double parfait sur le plan physique, décide de remplacer Enrico. Grandiose performance de Toni Servillo (photo) qui joue les deux jumeaux. A la différence de son frère qu'il ne voyait plus depuis vingt-cinq ans, Giovanni parle clair, se lançant dans d'étonnantes digressions sur le sens de l'engagement, la catastrophe, le mal, ou la passion en politique. «Ma priorité sera de ne pas piétiner les plus misérables», confie-t-il. Un langage que la gauche avait oublié depuis des lustres. Il est drôle. Il dérange et il stimule. Il fait rêver. Les sondages s'envolent. Ce film jubilatoire
CRITIQUE
«Viva la Libertà»: le jumeau prend le pouvoir
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Le leader d'une gauche transalpine, molle et sans idées, craque et s'enfuit à Paris.
ParMarc Semo
Publié le 04/02/2014 à 17h06
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