Dans Gerontophilia, une jeune femme récite une liste de «femmes révolutionnaires». S'y trouvent Gudrun Ensslin, Kim Gordon (Sonic Youth) ou Winona Ryder. «Le vol à l'étalage est une rébellion», énonce-t-elle, en référence au passé kleptomane de l'actrice. Qu'est-ce qui est révolutionnaire ? C'est ce questionnement qui traverse le cinéma de Bruce LaBruce depuis ses débuts, oscillant entre une posture adolescente et un engagement politique. Une filmographie jalonnée d'envolées sexuelles, de réflexions sur la contre-culture, d'une lutte contre toute forme d'esprit réactionnaire, que le Canadien entend personnifier lui-même (lire son portrait dans Libération d'hier).
Avec Gerontophilia, le cinéaste angle le débat sur la question de l'âge : est-ce «rebelle», pour un petit jeune, de se taper un vieillard ? Est-ce «engagé», pour un petit vieux, de se serrer un minet ? Au Québec, Lake est un garçon d'à peine 18 ans au visage d'ange. Une mère cintrée, une copine pénible - la gent féminine en prend ici pour son grade -, il trouve un petit boulot d'assistant médical dans une maison de retraite. Il se découvre un fétiche sexuel : les vieux. Il noue une histoire d'amour avec Mister Peabody (Walter Borden, idéal en grabataire surmédicamenté).
Bruce LaBruce dépouille Gerontophilia de quelques-uns des éléments visuels typiques d