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Cannes

Opération Turner

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Evocation par petites touches du crépuscule du peintre britannique par Mike Leigh.

Timothy Spall s'invite déjà dans les débats sur le prix d'interprétation. (Photo S.Mein Thin Man Films)
Publié le 15/05/2014 à 18h56

Grace de Monaco ? Yves Saint Laurent ? Et pourquoi pas Joseph Mallord William Turner ? Cannes le démontre encore une fois : le biopic est indémodable, survit aux modes comme aux genres concurrents. Le biopic comporte un sous-genre intéressant : la bio de peintre, illustrée notamment par le Caravaggio de Jarman, les Van Gogh de Minelli ou Pialat, voire le Moulin Rouge de Huston, biopic masqué de Toulouse-Lautrec. Entre les mains et les yeux d'un cinéaste, la vie d'un peintre prend presque nécessairement une dimension d'autoportrait, même s'il ne faut pas y chercher une équivalence de valeur qui serait vaniteuse. Le fait est que la figure d'un peintre d'hier est celle qui ressemble le plus à la figure de certains cinéastes d'aujourd'hui et, en la mettant en scène, un réalisateur ne peut manquer de mettre la sienne à l'épreuve… surtout lorsqu'il en a écrit le scénario, comme c'est le cas avec le Mr. Turner de Mike Leigh.

Monstre gentil. C'est d'ailleurs les vingt-cinq dernières années du peintre jusqu'à sa mort, à 75 ans, que Leigh, 71 printemps, a choisi d'évoquer. Il peint un Turner en lequel on aime croire : un monstre gentil, ogre de proximité, bourru comme un ours, carapaçonné comme un rhinocéros et parfois lubrique comme un cochon. Son physique épais, la rusticité qu'il cultive à tous égards contrastent avec l'immatérialité surnaturelle de ses toiles, auxquelles Leigh ne se mesure jamais. Le film ban

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