Menu
Libération
Mort-aux-rats

Damián Szifron aime les sketchs saignants

Réservé aux abonnés

L’Argentin, héritier du maître italien Dino Risi, déboule avec un film bête et méchant.

«Relatos Salvajes» est segmenté en six contes satiriques et cruels. (Photo KS Films. El Deseo)
Publié le 18/05/2014 à 19h46

Pour décrire à quoi ressemblent Relatos salvajes («les récits sauvages»), la référence la plus évidente est Dino Risi. Segmenté en six contes satiriques et cruels, le troisième long métrage de l'Argentin Damián Szifron expose une galerie comparable aux fameux Monstres de l'Italien : des personnages veules, rancuniers, perdant tout contrôle et toute morale. Une première leçon est que le contexte contemporain et sud-américain ne change rien à l'affaire : le genre humain est éternel dans sa capacité à nuire et, éventuellement, à nous en faire rire.

C'est donc une comédie, et c'est déjà une petite victoire pour son réalisateur que d'avoir réussi à la hisser sur la «A-list» de la compétition officielle, qui en a toujours été avare. Comédie plus grinçante que comique : si on fait le compte, entre le massacre des passagers d'un avion, un empoisonnement à la mort-aux-rats et l'annihilation réciproque de deux automobilistes (recension non exhaustive), la violence et son sourire amer forment le dénominateur commun à tous les sketchs. Ceux-ci, c'est la loi du genre, sont irréguliers. Deux volets dominent : outre le duel des chauffards, qui atteint des proportions wagnériennes dans sa sauvagerie et sa scatologie, une scène de mariage dégénérant en furia vengeresse vient clore, pour le meilleur effet de tapis retiré sous nos pieds, Relatos salvajes.

Le cinéma de Szifron n’est pas très bien vu par les dépositaires patentés du bon goût moyen cannois. Non seulement

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique