Pour sa première séance spéciale, la Quinzaine des réalisateurs a pris l'option d'une contre-programmation institutionnelle en enchâssant une série télé au milieu du fleuve de films qu'est le Festival de Cannes. Certifiée auteur, P'tit Quinquin est signé Bruno Dumont et produit par Arte. Avant de le gravir, le massif impressionne : 3 h 20 en quatre épisodes sans relâche. Mais une fois de l'autre côté, il fait plutôt l'effet d'un trou normand en milieu de festival : insolent, bizarre, rigolo, le P'tit Quinquin requinque.
Blockhaus. Il chronique un petit village côtier de cette région boulonnaise dont Bruno Dumont ne s'arrachera jamais. Le canton est la proie du mal depuis que l'on a retrouvé le corps décapité de madame Lebleu dans le ventre d'une vache, elle-même précipitée au fond d'un blockhaus inaccessible. Lancés sur l'enquête, deux flics pathétiquement nuls ne peuvent empêcher la prolifération des crimes absurdes et mystérieux : l'amant de madame Lebleu gît lui aussi dans une vache ; le mari de la même, premier suspect, est éliminé dans une fosse à purin ; sa maîtresse, reine des majorettes locales, est retrouvée noyée et nue, à marée basse, prisonnière d'un filet…
Bref, ça débloque sérieusement dans ce patelin peuplé de fermiers louches, de curés demeurés, de touristes autistes. Mais habité aussi par une merveilleuse petite bande de crapules, à la tête desquelles scintille le blondinet P’tit Quinquin, d’une beauté ex




