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Jean-Marie Gourio, in bistrot veritas

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Passé par «Hara-Kiri», cet écrivain rôde autour des zincs pour recueillir ses «Brèves de comptoir», aujourd’hui faites film.

Jean-Marie Gourio à Paris le 10 septembre. (Photo Yann Rabanier)
Publié le 22/09/2014 à 19h36

La question était d'importance. Où brosser idéalement sur ordinateur la peinture de cet apôtre bistrotier ? Au troquet pour se laisser gagner par l'esprit des auteurs de ces aphorismes du zinc ? Et, tautologiquement, fallait-il être à jeun pour parler de ces saillies le plus souvent alcoolisées ? Dieu seul le sait, mais il n'est pas bavard. Les auteurs de ces fulgurances, eux, le sont. Jean-Marie Gourio les écoute et consigne leurs haïkus populos, façon scribe, depuis une trentaine d'années. Il en totalise aujourd'hui des milliers, consignés dans une quinzaine d'ouvrages (1,7 million de ventes au total). Le dernier, le Grand café des brèves de comptoiren compile quelque 9 000, inédites. Mais l'actualité de cet homme d'un autre temps, tutoiement d'emblée avec des intonations de titi parisien, barbe poivre et sel, casque bouclé à la Coluche avec cheveux sur les lunettes, se décline aujourd'hui sur grand écran. Jean-Michel Ribes, directeur du Théâtre du Rond-Point, après avoir adapté à trois reprises les Brèves sur scène (700 000 entrées), en a fait un long métrage dans lequel jouent 73 acteurs. On slalome entre Cuisines et Dépendances du duo Jaoui-Bacri et les réalisations d'Alain Resnais, mode Smoking/No smoking et On connaît la chanson. Soit une unité de lieu (un bistrot) et de temps (une journée, de l'ouverture du rade à sa fermeture).

«Sa» première brève, Jean-Marie Gourio s'en souvient comme un ado de sa première galoche. Elle a

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