Les âmes noires de Francesco Munzi
La 'Ndrangheta, mafia des villes, mais surtout mafia des champs. Dans cette adaptation du livre éponyme de Gioacchino Criaco, il y a en miroir le nord urbain de l'Italie, avec sa plaque tournante, Milan. Et il y a, tout au sud, la montagne calabraise, ses chèvres et son patois. Luigi et Rocco sont deux frères qui ont pignon sur rue dans la capitale lombarde, où ils font leurs choux gras de pains de cocaïne planqués parmi les cargaisons d'ananas. Leur troisième frère, Luciano, campe un berger taiseux dans les ruines d'un village haut perché, qui tente de rester à l'écart de la tentaculaire 'Ndrangheta. Leur douloureux héritage commun : un père assassiné par une famille rivale. La fratrie doit se réunir en urgence dans le berceau régional après l'éclosion d'un élément perturbateur : le fils de Luciano, la petite vingtaine. Leo, qui aspire à rejoindre ses oncles plutôt qu'à rester auprès de son vieux père, s'est fait l'auteur d'un règlement de comptes puéril qui n'aura de cesse de bouleverser la concorde toujours précaire entre les grandes familles du milieu. Code d'honneur, mariage arrangé, vengeances… Non sans écumer quelques clichés du grand banditisme, la campagne profonde du sud de l'Italie se révèle comme le nid de la 'Ndrangheta, emprunt de folklore, d'amitiés faux-jetons et de regards noirs. Dénué de maniérisme et globalement bien joué, le troisième long métrage de Francesco Munzi s'en remet au fatum de la trag




