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Critique

«Iranien», barrette de chiites

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Rhétorique . L’athée Mehran Tamadon filme quatre mollahs pour évoquer le vivre ensemble perse.

Publié le 02/12/2014 à 19h16, mis à jour le 02/12/2014 à 19h16

Ce serait l’idée de la refondation de la société. On reprend tout depuis le début, entre gens a priori voués à ne pas s’entendre, et on discute de comment on pourrait vivre ensemble. Mehran Tamadon est un Iranien de Paris, athée, qui rentre souvent au pays (et a parfois du mal à en ressortir vu ses œuvres subversives). En 2010, après la réélection de Mahmoud Ahmadinejad, il décide de faire un film performance, de rassembler dans la maison inhabitée de sa mère-grand quatre mollahs pour essayer de fonder une mini-démocratie éphémère, avec les interdits des uns et ses désirs laïcs à lui.

L'idée est plaisante et triste à la fois, car on voit bien que ça ne marche guère. On se dit : ce serait bien de pouvoir faire ça tous les jours, d'essayer de vider rationnellement la querelle avec nos propres censeurs occidentaux (identitaires, fondamentalistes cathos…). Dans l'expérience de Tamadon, les mollahs sont plutôt sympas. L'un est le sophiste de la bande, cynique mais rigolo, qui retourne le concept de «laïcité» en celui de «dictature» et d'«idéologie». Un autre s'en fiche un peu, car il est surtout bon vivant. Les scènes de dispute socio-philosophique sont entrecoupées de séquences où l'on fait la cuisine, où l'épouse d'un des mollahs apparaît furtivement, regardant avec plaisir une vidéo de Tamadon sur l'éducation musicale dans les crèches françaises : elle-même a fait des études de puériculture, dit-elle. Où l'on suppose que le vivre ensemble pourrait rep

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