Selon la loi, les divorces en Iran se soldent par l'attribution au père de la garde de la progéniture. Et il est possible aux épouses de contracter des mariages dits temporaires (sighe), une pratique décriée dans la société iranienne. C'est à cet épineux dossier que s'intéresse Ida Panahandeh dans ce premier film. Le projet de la jeune cinéaste iranienne, en raison de sa rareté, attise d'emblée la curiosité mais mérite mieux qu'une prime à l'encouragement. Nahid (Sayeh Bayat), sténographe surendettée et mère d'un bambin récalcitrant, tente de refaire sa vie avec un autre homme, poursuivie par son ex-mari ancien héroïnomane. Le couple naissant, à qui l'intimité se dérobe, se donne ainsi rendez-vous en catimini sur la plage, sous l'œil de la vidéosurveillance. Ce parcours du combattant tourné en plein hiver dans le nord du pays suit la feuille de route du cinéma iranien, tout en sous-entendus furtifs et doubles sens. Plus que dans la relative discrétion de sa mise en scène, la cinéaste s'affirme dans l'écriture de ce scénario mûri durant deux ans, et pour lequel elle dit s'être inspirée de ses souvenirs d'enfance. Les déboires administratifs de Nahid l'inscrivent sous le patronage virtuose d'Asghar Farhadi et d'Une séparation.
Cannes
«Nahid», dans la surface d’une séparation
Un premier film sur le divorce, à l’instar de Farhadi.
«Nahid» (Photo Habib Majidi)
Publié le 17/05/2015 à 19h46
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