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Cinéma

«Des apaches», renouer le fils

Quête identitaire et familiale erratique signée Nassim Amaouche.

Publié le 21/07/2015 à 21h06

Remarqué à Cannes en 2009, Nassim Amaouche, né en 1977, y avait été salué par le grand prix de la Semaine de la critique pour son premier long métrage, Adieu Gary, où il recréait le Far West dans une cité ouvrière perdue en Ardèche. Il avait signé auparavant un court métrage de fin d'études à l'Institut international de l'image et du son en 2003 puis, en 2005, le documentaire Quelques Miettes pour les oiseaux. Six ans séparent le premier film du second, un temps remisé avant d'être relancé, bien entouré de quelques stars (Lætitia Casta, André Dussollier), de la chef op' Céline Bozon et du coscénariste Guillaume Bréaud, auteur du Petit Lieutenant.

Samir, trentenaire parisien dispersé, renoue avec un père absent, soucieux de le mêler à un litige familial. Le jeune homme est ici la pièce rapportée tardive d’un clan d’exilés dont il doit s’émanciper pour devenir l’apache du titre. Nassim Amaouche, qui n’est pas comédien, a repris le rôle principal qu’il destinait à Yasmine Belmadi, interprète de son premier film et décédé dans un accident en 2009.

«J'ai voulu faire un film sur la reproduction humaine», indique le cinéaste, diplômé en sociologie et ethnologie, dans ses notes. A savoir, comment tout une génération issue de l'immigration s'est unie en organisant la gestion collective de PMU et de biens immobiliers, à travers des pratiques importées du bled, comme le conseil des sages.

La délicate jonction n’opère pas entre le drame familial et identitaire pour ce héros trouble en mal de filiation et la radiographie du maillage kabyle de Belleville. Entre les deux, le film navigue à vue, la mise en scène maîtrisée se voyant adossée à une écriture trop insondable ne permettant pas de démêler ce qui, chez ce petit-fils d’ouvrier algérien, relève de sa propre genèse ou d’une autofiction sublimée.

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