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Cinéma

«The Rose», biopic d’une épine-up

L’errance tapageuse d’une rock star cramée des sixties, jouée par une interprète au destin similaire.

«The Rose»
Publié le 28/07/2015 à 20h36, mis à jour le 29/07/2015 à 12h22

Mary «The Rose» Foster, rock star junkie au faîte d'une gloire déjà fanée, est au début du film essorée par les tournées et les exigences d'un manageur peu scrupuleux. Eprise d'un déserteur, elle entend raccrocher les micros après avoir fini sa tournée en beauté par un concert chez elle, en Floride. Ce road-movie titubant entre New York et le sud des Etats-Unis couronne ainsi la revanche sur le tard d'une «small town girl».

Sorti en 1979, The Rose marque l'enfance du biopic musical, bien avant Spinal tap et Almost Famous. Ce regard rétrospectif sur la déferlante musicale hippie est signé d'un certain Mark Rydell, comédien et cinéaste par ailleurs d'un intrigant remake de Claude Sautet (!). Cette pépite à la réputation sulfureuse exhumée du tréfonds des seventies doit sa ressortie sur nos écrans dans une version numérique restaurée à une édition DVD américaine chez Criterion.

Un portrait décadent et grandiose à la genèse mouvementée, puisqu'il s'agit à l'origine pour Rydell de tourner un biopic à peine déguisé de Janis Joplin, engloutie par une overdose en 1970. Remanié, le scénario dessine en creux celui survolté de Bette Middler, son interprète permanentée au timbre éraillé. Confiant avoir vécu «la même chose» à la ville que dans la fiction, celle-ci débuta sa carrière en catimini dans un sauna gay avant de signer treize albums, passant ensuite du cinéma au stand-up. Par un alignement particulièrement faste des étoiles en cette fin de Nouvel Hollywood, le chef opérateur se trouve être Vilmos Zsigmond, vestige téméraire de l'époque, à peine sorti de Délivrance, Rencontre du troisième type et Voyage au bout de l'enfer. Lequel reçut comme consigne assez osée de faire ressembler l'image à une «opération abdominale».

Rugueux comparé aux interprétations orthodoxes du show-business qui suivront souvent, ce mélo rock s’épargne une surenchère complaisante dans l’orgie, suivant le credo devenu quasi impraticable du genre - drogues, sexe et rock’n’roll.

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