Comme les ados qu'elle met en scène, les Grands a le cul entre deux chaises. Son ambition : raconter en dix épisodes de 23 minutes la dernière année au collège d'une bande de 3e. En plus d'un casting à 99 % blanc-beau-mince, c'est aussi l'immense fossé entre les genres qui rend la chose pénible à voir. La série se perd dans les clichés, du collégien libidineux (avec une scène fantasmée mettant en scène la responsable du CDI qui fait exploser l'échelle du malaise) ou violent téléguidé par ses hormones, aux filles lookées (la rock, la BCBG) et sans désir, qui n'existent qu'à travers les garçons ou pour se faire traiter de «grosse» et de «salope». Chose dont personne ne s'émeut, surtout pas la caméra qui pourtant déborde d'empathie pour l'ancien gros harcelé ou l'homosexuel refoulé. La pauvreté des dialogues n'a d'égal que la vacuité d'un scénario qui tisse des arcs narratifs pour les oublier pendant cinq ou six épisodes - quand ils ne sont pas surréalistes. Comment s'étonner, alors, de ne jamais réussir à s'attacher à des personnages dont on ne sait rien, ou presque ? Le mélange des genres ne prend pas, surtout quand à vouloir faire l'économie des mots, on finit par donner au spectateur l'impression d'avoir regardé un joli clip façon cinéma indé américain. Quel dommage.
Critique
Toute petite série
Publié le 30/11/2016 à 17h56
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