Il est des plaisirs éternels. Dévorer une salade de poulpe en regardant la mer en fait partie. Se farcir continuellement l'Aquarium de Saint-Saëns chaque fois que commence une séance est proprement insupportable. Alors bien sûr, le compositeur formaliste voyageur, chamarré comme une gamme orientale, maniériste comme un vieux barbu, tenant de l'école française bla bla bla est LE premier compositeur de musique de film, pour un Assassinat du duc de Guise en 1908 dont personne ne se souvient. Mais il n'empêche : la mystérieuse étrangeté humide de cet Aquarium diffusé jusqu'à plus soif depuis 1990 constitue un sévice qu'on rêverait passible de traduction devant une cour des droits de l'homme en smoking. Alors qu'opter, par exemple, pour un autre titre du Carnaval des animaux, comme Tortues ou Kangourou, serait plus pétillant - mais combat perdu d'avance. Le professionnalisme nous contraint toutefois à préciser qu'en cette 70e édition, pour fêter son chiffre rond, le Festival innove et a lifté son spot de lancement de séance. Ainsi, les marches que l'on voit y surgir des eaux vers l'immensité pixelisée des cieux bleu marine de la région Paca sont toutes frappées d'un nom de cinéaste passé par Cannes et directement issu de la liste des all time favorites de Michel Ciment.
Pitié !
Carnavalesque
Publié le 21/05/2017 à 20h16
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