Tout le monde est hyper vènère après les déclarations en roue libre de Roman Polanski qualifiant le mouvement #MeToo, dans une désopilante interview au Newsweek polonais, d'«hystérie collective, du genre de celle qui arrivent dans les société de temps à autre». Craignant sans doute d'être mal compris ou jugé, il compare le climat féministe à la nuit de la Saint-Barthélemy et la Révolution française. Ce qui n'est finalement pas si original : Terry Gilliam avait déclaré à Variety (avant son AVC) que lui aussi trouvait que tout ça commençait à nous chatouiller les nerfs : «La populace est là, dehors, les torches à la main et va brûler le château de Frankenstein.» Bien que nous-mêmes d'ascendance aristocratoc depuis le XIe siècle, on restera discret sur les sous-entendus calamiteux de ces analyses au doigt trempé (t'es sûr ?) : soit que la condition masculine 2018 tiendrait du huguenot zigouillé en masse ou du sang bleu étêté. Sans parler de l'usage archifautif et impardonnable du concept d'«hystérie», que notre manuel du lacanisme détraqué valorise en désir de n'être pas définitivement l'algèbre opaque du désir qui manque (et que l'Autre remplit sans demander si c'est vraiment l'heure ou s'il a le droit…). C'est pourtant clair - pitié !
Pitié !
Publié le 09/05/2018 à 20h46
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