Décrite par l'artiste et poétesse Etel Adnan comme «l'un des êtres les plus courageux, les plus intelligents et les plus libres qu'elle connaisse», Jocelyne Saab, décédée au début du mois de janvier, fut surtout un regard intense et clairvoyant sur le Liban et les conflits qui minaient le Moyen-Orient. Née à Beyrouth en 1948, la cinéaste, photographe et reporter de guerre, d'abord plume pour le quotidien As Safa, tourne en 1975 le Liban dans la tourmente, dans le centre-ville de la capitale où pleuvent les obus. Ce premier documentaire la propulse au cœur d'un cinéma engagé libanais caractérisé par un nouveau style de narration et dans lequel les femmes conquièrent une place de choix. Tout en continuant à couvrir la guerre pendant quinze ans, Jocelyne Saab est à l'origine d'une trentaine de films, dont une trilogie sur sa ville natale avec le remarqué Beyrouth ma ville, en 1982. C'est ce regard poignant et instinctif, engagé et empathique, que restitue à merveille Zones de guerre. Réunissant photos et photogrammes de films, l'ouvrage traverse avec force l'œuvre engagée de Jocelyne Saab, qui fut aussi assistante de réalisation du cinéaste allemand Volker Schlondorff (le Faussaire, en 1981) et créatrice du Festival international du film de résistance culturelle au Liban.
Photo / Jocelyne Saab, la guerre durant
«Le Liban dans la tourmente», 1975. (Photo JOCELYNE SAAB)
Publié le 18/01/2019 à 17h26
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