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MC Solaar, maître rap à la Belle de Mai

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Le chanteur a animé un atelier d'écriture dans une cité marseillaise

ParLaurent RIGOULET
Marseille, envoyé spécial
Publié le 06/05/1995 à 5h03

Fête du travail à la Belle de Mai. Le soleil matinal pousse les rares passants vers l'ombre de murs blancs. En surplomb du quartier assommé de silence se dressent les entrepôts de «la Friche», reconvertis en ateliers pour artistes de tous bords. Sur le coup des 11 heures, MC Solaar monte à la volée les escaliers qui longent les hangars à tabac déserts, pour élire résidence sur les toits chauffés à blanc. Il se pointe les mains dans les poches d'un survêtement immaculé. Pour le troisième lundi consécutif, il tient ses engagements et anime un atelier d'écriture pour les enfants des cités marseillaises. La veille au soir, il jouait à Bourges. Il a rejoint Paris aux petites heures de la nuit, attrapé par miracle l'avion qui s'attardait sur les pistes de Roissy. Une dizaine d'apprentis versificateurs l'attendent sous une drôle de tente plantée en bordure de ciel limpide. Solaar a les yeux gonflés. A ses pieds, la ville dort. C'est le premier sujet, en guise de présentation, avec le café: «Dimanche dans votre quartier.» Quelques vers à chaud, ou froid, comme on veut, et les thèmes attendus font le tour de la table rouge où trônent deux dicos: l'ennui, la galère, les flics, les joints, l'«inquiétude, les choses se mêlent, se démêlent», «Télé foot, la déroute...»

Après les enfants des semaines précédentes, le cercle est plus âgé et plus ouvert pour cette dernière excursion. Des petits rappers ados des Chartreux côtoient un étudiant en droit lyonnais, une bassiste de 22 ans au teint d

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