Comme il l'avait fait à la résidence universitaire Rabelais de Poitiers (Libération du 18 novembre 1995), le quadragénaire nivernais Claude Lévêque n'y va pas par quatre chemins. D'ailleurs, son exposition, spécialement conçue pour les murs de l'ARC (secteur du musée consacré aux jeunes artistes) s'appelle My Way (en anglais pour faire international), qui veut dire Ma Voie, Mon Chemin, Ma Route, quelque chose comme Mon Truc à moi.
Son truc à lui, c'est donc une manière assez abrupte d'introduire le principe de réalité sur le territoire tout imprégné d'imaginaire que vise à être d'ordinaire l'espace muséal. Sur un treillage haut fixé ont été jetées des chemises d'homme, blanches, manches pliées, pans froissés. Cela fait comme du linge mis à sécher près du plafond parce qu'on sait bien que l'air chaud monte. Il y en a toute une enfilade et ça ne s'arrange guère, un peu plus loin, avec la lumière blanche d'une chambre orthopédique ou d'une salle de torture, un gymnase d'après-combat ou une cellule d'exécution avant zigouillage.
Tout ceci n'est pas bien gai, d'autant plus que les choses virent carrément vinaigre en fin de parcours où se fait entendre, au fur et à mesure que le visiteur s'en approche, le crescendo d'un cri qu'on hésite à identifier comme un rire, un hurlement, une imitation ou un cri d'agonie. C'est dommage. Cette hésitation est finalement préjudiciable à l'impact de l'installation. Quand, comme Claude Lévêque le fait, on convoque la brutalité du réel, on devrait é




