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Libération
Critique

«Oxygen», agneaux réchauffés. Un affrontement de routine entre une fliquesse et un psychopathe. Oxygen, de Richard Shepard, avec Adrien Brody, Maura Tierney, James Naughton. 1 h 27.

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publié le 22 décembre 1999 à 2h21

Décalcomanie tardive et délavée du Silence des agneaux, Oxygen est

exactement le genre de film qu'on a envie de voir chez soi en vidéo un soir de tête-à-tête misanthrope avec une pizza aubergines-artichauts. Le héros, Harry, un sadique qui se révélera en fait fondamentalement masochiste au terme d'un salto arrière hégélien, enlève la femme d'un richissime collectionneur et l'enterre vivante dans une forêt des environs de New York. Il révélera le lieu du supplice contre une rançon de 1 million de dollars. Le mari met les flics sur le coup et le fossoyeur est rapidement capturé.

Pinces à épiler. Un long et taraudant face-à-face s'ensuit avec une inspectrice, Madeline Foster (apprécions le clin d'oeil, avec déchirure de la paupière, à Jodie jouant la fliquesse des Agneaux), qui tente d'arracher, avec des trésors de pinces à épiler psychologiques, les vers du nez d'un Harry toujours plus ricanant. Madeline, pour se calmer, picole dur et se transforme même en cendrier humain pour un sosie d'André Glucksmann.

On l'aura compris, la femme-flic et le scélérat ont des choses inavouables au-dedans d'eux-mêmes et qui les rapprochent, un certain goût pour la douleur et la servitude. Une fois de plus, comme dans la majorité des thrillers mettant en scène un serial killer ou un maniaque machiavélique, l'interrogatoire de police est mené sur le mode de l'analyse réciproque. Le flic thérapeute tente de faire cracher sa Valda au criminel névrosé, qui finit toujours par prendre le dessus en perça