Un ovni a investi l'intégralité de la galerie Yvon Lambert. Elle y a fait changer l'espace en y faisant ajouter des cimaises, pour délimiter des chambres, avec des portes qui s'ouvrent et se ferment, dont une très chaude (avec un radiateur électrique dedans, par cette chaleur!), et puis une avec un lit et des planches de bois. Elle a fait préparer plein de choses et puis, le dernier jour, le jour de l'ouverture de son exposition, Koo Jeong-a les a installées. On n'y voit ni «pièces», ni «sculptures», ni «dessins», ni «peintures», ni «cadres», ni «socles», rien de tout cela... Mais une respiration, une circulation, des choses placées ici et là, des tas de petites matières, du sable, de la poudre, une estrade avec des aiguilles en un certain ordre rangées, un trait pastel circulant sur trois murs, à hauteur de main levée, et, si l'on veut continuer de s'accrocher à des objets tangibles: un lustre qui s'éteint s'allume bravement dans une pièce toute sombre c'est l'entrée de l'exposition. Etagères, emballages et déballages de Cellophane ou de kraft, petits jouets, maquettes, un hameau de minimaisons apparaissant par-dessus une cimaise, à hauteur d'oiseau. Rien de définitif, rien d'imposant, rien d'imposé et pourtant un «temps de pose», une organisation précaire que l'on sent sans arrêt tenue dans toute l'exposition. Koo Jeong-a vit et travaille, comme l'écrit Jean-Christophe Bailly dans son beau texte de catalogue, «entre la danse improvisée et le patient travail d'occupation»
Critique
C'est là, c'est Koo Jeong-a
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Publié le 01/06/2001 à 1h07
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