Voilà qui est agaçant: la première incursion du jeu vidéo dans une manifestation culturelle d'envergure en France est ratée. Au mieux, le visiteur se croit dans une salle d'arcades, au pire, il fuit les oeuvres avec joystick. La Biennale d'art contemporain de Lyon, Connivence 2001, a choisi l'échange entre disciplines (photo, cinéma, danse, musique, littérature et jeu vidéo), invitant aussi bien Will Self que Robert Wyatt, Space Invader et Mike Kelley (1). Mais la bonne intuition ne débouche pas sur une bonne expo. Question de budget: cette biennale est le «prélude» à 2003 mêmes commissaires, moins de moyens. Et surtout de fond: même excellent, un jeu vidéo n'est pas (encore?) une oeuvre d'art. C'est le malentendu qui ressort d'une visite où sont mélangés détournements créatifs et variations autour du jeu vidéo. Panoplie accomplit un formidable travail (2), mais son Pacman boosté au Viagra ne dépasse pas l'hommage acide. Au contraire de Half Life2 de Kolkoz, avec ses fauteuils déglingués et ses consoles proposant un shoot'm'up à l'étage du musée reconstitué en 3D. Des visiteurs dégomment «pour de faux» des visiteurs qui, de l'autre côté de la glace sans tain, les observent «en vrai»... Là où, pour le cinéma, l'intérêt d'exhumer des documents amateurs peut se comprendre (3), pour le jeu vidéo, le fait de montrer des jeux, même cultes, empêche le public d'opérer la distinction avec les oeuvres. On écartera le soupçon de démagogie pour privilégier le côté «peut mieux faire» e
L'art, c'est pas du jeu
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Publié le 06/07/2001 à 0h00
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