Menu
Libération

Liberté surveillée

Réservé aux abonnés

Publié le 05/10/2001 à 1h10

Le monde ne serait plus comme avant. Les terroristes poursuivis, les attentats déjoués, les pays occidentaux soudés dans le combat pour la «liberté immuable», et le cyberespace enfin contrôlé, surveillé et nettoyé des assauts hacktivistes... Quelques jours après l'attentat du World Trade Center, le Net fut frappé de stupeur collective. Les webdesigners mettaient leurs sites en berne, une page d'accueil-commémoration renvoyait sur la Croix-Rouge internationale (1). Les Canadiens de Year01 ont refusé l'alternative hommage ou silence, et maintenu l'ouverture de l'exposition en ligne Pixel Plunder, le 21 septembre. Parce que «les sites exposés permettront d'élargir le débat, notamment face aux gigantesques restrictions des libertés publiques que vivent les Nord-Américains ces derniers temps» (2). «Tenter de donner un sens à la tragédie», en refusant de suivre aveuglément la politique américaine. Un discours engagé qui parcourt la Toile, au-delà des traditionnels cybermilitants.

Les «pilleurs de pixels» (en anglais, plunder signifie mettre à sac) de Year01 questionnent l'internaute, brouillent les pistes plutôt qu'ils n'apportent de réponse au débat sur les libertés publiques sur le Net. Ils sont au nombre de sept, qui représentent l'un des courants les plus intéressants du Net-art, puisant dans la structure du réseau la matière de leur création. Leurs méthodes, inspirées de celles des pirates, et donc à la frontière de la légalité, les placent dans la ligne de mire des censeurs q

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique