Que reste-t-il de l'électrochoc provoqué par la sortie de l'album de Mirwais début 2000? Un spot publicitaire pour l'i-book (Apple) illustré par le single I Can't Wait et diffusé fin 2001 sur nos écrans. Lorsque l'album Production débarque, un an et demi plus tôt, le retour en solo de l'ex-membre de Taxi Girl opère un genre de rupture épistémo-musicologique suffisamment rare pour que tout le monde s'accorde à peu près sur sa qualité (comme Portishead en 1993, pour ne citer qu'un seul exemple). La sensation d'être en face d'une invention indiscutable, d'une trouvaille évidente: Mirwais a réalisé la bande-son parfaite du passage à l'an 2000; le plus court circuit entre la révolution industrielle allemande (Kraftwerk) et la nouvelle économie américaine (Madonna ne s'y trompera pas en lui faisant produire son album Music); le compromis le plus pointu entre la mélancolie new wave des années 80 (New Order, Taxi Girl) et l'injonction rythmique moderniste portée par les techno et house nations; le recyclage à la fois low et high-tech de vieux sons electro des années 70 et la dynamique prospective digne des meilleurs chercheurs minimalistes (Plastikman, etc.). Le tout à la portée du quidam mainstream. La pochette rougeoyante de l'album résumait bien la naissance de l'homo electronicus des années 00: le visage de Mirwais en coupe anatomique laissait apparaître à la place de ses organes vitaux des fils, des câbles dénudés façon Terminator ou Lee Majors dans l'Homme qui valait trois mil
L'Apple paye
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Publié le 19/10/2001 à 1h19
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