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Libération

Docu: la french tâche

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Publié le 09/11/2001 à 1h34

Les nouveaux médias, c'est un peu comme la bouteille à moitié pleine ou à moitié vide: côté plein, l'ébauche d'une nouvelle grammaire, le bouillonnement créatif; côté vide, l'incapacité à produire du contenu d'une qualité équivalente à celle du cinéma, de la télé ou de la presse. Le constat est rude, mais exact en matière de docuweb (l'équivalent du bon vieux docu sur le Net). Les excellences se comptent sur les doigts d'une main, et la France en est éminemment absente. Les raisons en sont multiples: le fameux «retard» français sur l'Internet, la faiblesse des propos par rapport à la qualité des images (la fameuse french touch) et, enfin, l'absence quasi totale de financement pour les contenus en ligne. Ailleurs, les premiers docuwebs s'appuient sur une production télé ou cinéma (1). Ainsi des Inuit, peuple indigène canadien qui crève l'écran avec le film Anarjuat («l'homme rapide») tourné par et avec des Inuit, caméra d'or à Cannes 2001, prix spécial du jury et du public au FCMM 2001 (2). La fiction est enrichie d'un site événementiel, En direct de la toundra (nunatinnit en inuit), soit cinq jours de vidéos, textes, sons, photos et forums qui retranscrivent l'échange entre des Inuit et des Qabluna («personnes blanches»), dans un camp de chasse de la terre de Baffin (3). La plaine ventée, le camp rudimentaire, à plusieurs heures de bateau du prochain village: la réalité polaire à bout de clics, les confins terrestres éclairés comme rarement dans un ouvrage d'anthropologie. M

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