On nous avait prédit une rentrée 2003 sous le signe des grèves et des manifestations, elle se déroule au son d'une campagne idéologique proclamant le déclin de la France. Entre tocsin et glas, des intellectuels brillants (Marc Fumaroli ou Nicolas Baverez), flanqués de quelques écrivains médiocres (Jean-Marie Rouart, Paul-Marie Coûteaux), ont le regret de nous annoncer l'enlisement de la France, son affaissement, ses vertiges, ses infirmités, son repli, sa rétrogradation, sa banalisation, sa marginalisation. A les lire et à les écouter, la France serait de nouveau à l'image de la Grande Armée en déroute : c'est la Bérézina et bientôt Waterloo. Cette charge très politique ne constitue qu'une demi-surprise. L'obsession du déclin, le spectre de la décadence, l'angoisse de l'effacement relèvent d'une famille bien typée, d'une culture très caractéristique, celle des souverainistes.
Toute une frange de la droite française s'est métamorphosée depuis deux siècles en vigie des catastrophes nationales, en gardienne d'un phare tricolore destiné à être abattu par d'injustes tempêtes. A chaque crise et la France traverse effectivement une violente et longue crise d'adaptation , à chaque épreuve elles se conjuguent en ce moment, du chômage structurel à la panne de l'intégration, de la contestation de toutes les autorités à l'asthénie de la croissance, de l'insécurité à la précarisation les «déclinistes» annoncent la fin des temps, prédisent le Déluge ou l'Apocalypse. Lorsque la Franc




