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Libération
Critique

Ebauches collectives

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Publié le 21/11/2003 à 1h58

Sans le savoir, les internautes sont les cobayes de scientifiques en quête de nouveaux paradigmes. A preuve, les deux sessions du Générateur poïétique, l'un des plus anciens projets de création collective en temps réel, dans le cadre d'un Automne numérique, qui devraient attirer l'attention de sociologues des temporalités, spécialistes de systèmes multi-agents et de théoriciens de l'auto-organisation. Etrange ? Pas tant que ça. Il était temps que la France s'intéresse aux usages collectifs induits par les réseaux informatiques, où le projet n'existe que par sa dimension partagée.

Le Générateur poïétique est d'une simplicité presque louche : un cadre-feuille de dessin, une palette de couleurs primaires et deux tailles de pixels (grand et petit). A première vue, l'idée d'ébaucher quelques dessins rudimentaires n'a rien de très artistique. Olivier Auber, l'auteur du dispositif, en limite volontairement l'esthétique : «Le but, ce n'est pas que chacun fasse sa petite Joconde dans son coin, mais bien de tester une création-interaction collective.» En temps réel, c'est-à-dire au temps de l'Internet : à 16 h heure nancéienne, 15 h au Mali, 21 h en Inde et 3 h en Nouvelle-Zélande.

Le rendez-vous une fois fixé, la fenêtre à dessiner se transforme au gré des connexions et des nouveaux gribouillis (1). Les motifs s'affichent comme des images dans l'image, en colimaçon, s'animant en direct sous les yeux des internautes. «Au début, raconte Olivier Auber, tout le monde fait n'importe quoi, p

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