La prescription est idéale pour lendemains de fête difficiles. Pas trop compliqués ni trop profonds, les sites d'Euxysème (un pseudo à prononcer tout haut) font dans le mini : vidéo, texte, musique, animation, tout y est court, expédié en deux secondes maxi, même l'interactivité y est limitée, voire rognée (le piège se cache derrière «cliquez ici»). Il n'y a guère que l'humour qui ne soit pas mini, mais léger-léger. Dans une courte séquence vidéo, deux coquillages grossièrement manipulés à la main discutent de la difficulté d'être «uniques et en même temps comme tout le monde», un poisson rouge se cogne à son bocal tandis que la bande-son répète «ben... ben... mais... ?». En cliquant sur l'une des trente «bestioles» qui constituent le menu, l'internaute tombe sur, au choix, une succession d'aphorismes, simples ou légèrement niais («La mer danse, même quand on ne la regarde pas», «Tel est pris qui est pris», «Quand on s'en doute, on ne doute pas vraiment»), une barre de téléchargement qui se vide et se remplit à l'infini pour illustrer le terme «dormir»...
Derrière cette boîte à malices, un jeune homme fraîchement émoulu des beaux-arts de Grenoble, Cédric Van Eenoo, qui continue, dit-il, ses «petites créations un peu décalées : je fais des peintures, des petites phrases, des animations, de la musique, de la confiture aux fruits rouges, des dessins, des petites histoires, des petits jeux interactifs, des petits sites, etc.». Ses peintures ont un (petit) quelque chose d'enfantin




