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Libération
Critique

Machine à leurres

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Publié le 30/01/2004 à 22h24

Pour mater Big Brother, le prendre à son propre piège. Pour sortir de la surveillance informatique généralisée, entrer dans la place en utilisant ses armes, en se faisant passer pour une machine. C'est l'idée un poil provo et authentiquement hacktiviste de Superbot ou «quand les robots s'entre-dévoreront». Ce site coopératif imaginé par Franz Alken vient d'emporter le prix Internet du 17e Stuttgart Filmwinter, un festival de nouveaux médias (1), ex æquo avec la Googlehouse de Marika Dermineur (Libération du 14 novembre 2003). «Machines will eat itself» est une base de données répertoriant profils d'internautes, avec leurs noms, prénoms, dates de naissance, centres d'intérêt, adresses e-mail. Soit un profilage marketing standard. Sauf que ces internautes sont des leurres, créés par vous et moi, pour aller gentiment surfer de par le vaste Web, laisser des traces par-ci par-là comme autant d'humains qui se connecteraient à tel ou tel site.

But du jeu : tromper l'ennemi, ces métamoteurs qui parcourent le réseau, le scannent jour et nuit pour étudier les profils, retenir des informations dont personne ne semble avoir besoin... Sauf nos amis les e-boîtes, décidées à tirer profit de ces mines de données à portée de clic. Fraîchement diplômé en «media arts», Franz Alken, 29 ans, aime peu la «surveillance du consommateur» en oeuvre dans son pays, l'Allemagne, où, comme en France, la défense des données privées est inscrite dans la loi, mais sujette à de nombreuses atteintes. «Le droit

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