Menu
Libération
Critique

Virgínia Rodrigues

Réservé aux abonnés

Publié le 12/03/2004 à 23h42

Avec son corps massif, on croirait Virgínia Rodrigues dotée d'une voix de prêtresse vaudou, de mamma au timbre grave et écorché. Virgínia chante comme un ange qui aurait appris le chant lyrique. On dit que sa voix aurait fait pleurer Caetano Veloso quand il l'entendit pour la première fois en 1996. Il est, depuis, devenu son mentor, dès son premier disque en 1997, Sol negro, produit et arrangé par le surdoué Celso Fonseca. Née dans une favela de Salvador de Bahía, Virgínia a chanté dès ses quatre ans dans les chorales catholiques, avant de passer au gospel protestant après la conversion de sa famille. Maintenant, elle se trouve plus en phase avec le candomblé, le culte afro-brésilien plus tolérant selon elle. Virgínia Rodrigues apprend le chant lyrique au sein du Mosteiro São Bento, prestigieux choeur de Bahía. Elle chante dans ce troisième album des afro-sambas aux couleurs mates et sophistiquées, écrites et composées en 1966 par le célèbre poète Vinícius de Moraes et Baden Powell. Les racines noires des cantates de Virgínia prennent ici des accents de chant classique. Un style qui fait d'elle une figure à part dans le foisonnement des rythmes brésiliens récusant les clichés de chanteuse noire du carnaval ou métisse dans la bossa. D'ailleurs, Virgínia est davantage prophète ailleurs qu'en son pays «J'ai trois handicaps. Je suis une femme. Je suis noire. Et je suis une pauvre», dit-elle, parlant ainsi d'un Brésil où les chanteuses noires sont trop rares dans un pays à moitié

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique