Menu
Libération
Enquête

Papier peint : l'art mur

Réservé aux abonnés

Après vingt ans de purgatoire, les rouleaux sont de retour. Et par la grande porte : artistes et designers rafraîchissent la tapisserie en y mêlant vidéo ou trompe-l'oeil. En séries très limitées.

Publié le 26/03/2004 à 23h56

Remisé aux oubliettes du mauvais goût, le papier peint fait l'unanimité contre lui. Les industriels du secteur ont beau essayer de lui redonner du pimpant à coups de campagnes de pubs, les magazines de déco ont beau embrayer avec leur «tendance papier peint» et autres «papier

qui revient à la mode», l'idée, séduisante, est fausse. Les ventes parviennent juste à enrayer la chute libre des vingt dernières années. Le courant d'air frais est plutôt à chercher du côté d'artistes, graphistes et d'une poignée de designers qui proposent des alternatives au bon vieux papier peint, en mélangeant les techniques (peinture, sérigraphie, photos), en laissant à l'utilisateur une part non négligeable du boulot (vinyles à coller, dessins à réaliser...), ou en animant le décor d'effets trompe-l'oeil ou de relief (papier peint vidéo ou papiers 3D «augmentés» de sequins ou bandelettes). Bref, des variations autour de ce support éminemment kitsch, et assumé comme tel par les générations post-pop et cocooning.

Exercice de style. «Comme le bouquet de fleurs ou la nature morte, le papier peint est incontournable pour un artiste», explique Claude Closky, artiste qui aime «jouer des signes qui font sens et sont décoratifs». Impression de mots suivant le principe du Marabout de ficelle, mise en scène des chiffres du Nasdaq ou tatouages corporels étalés sur des mètres carrés: Closky prend un malin plaisir à détourner l'archétype du motif décoratif. Samuel Rousseau, vidéaste, aime aussi se poster entre l'

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique