Nous disons oui à l'Europe, mais non à la joie (l'Hymne). Non contents d'avoir été séquestrés en cours de musique surchauffé, enjoints de le reprendre à la flûte à bec, coincés sous l'autorité d'un barbu mal aimable adhérent au Snes-musique, des générations de collégiens martyrisés à la IXe de Beethoven ont vécu une nouvelle épreuve ces jours derniers : le grand retour de la BO européenne. Sur toutes les ondes. Historique préfiguration Muzak et quatrième mouvement de la symphonie écrite en 1817 par Ludwig van Beethoven, l'Hymne à la joie ne compte que deux minutes dans sa version officielle. Mais sa durée de vie, son pouvoir d'innervement et de nuisance sonore n'ont pas d'équivalent (à part peut-être le déchet nucléaire). Décrété soundtrack officielle le 19 janvier 1972, l'Hymne a donc furieusement nimbé le grand élargissement à 25. Cet air qui restait circonscrit aux salles de classe, ou aux youkaïdi-youkaïda des feux de camp scouts, s'est soudain disséminé partout comme une poussière radioactive. Un CD promotionnel bleu-blanc-étoiles, produit par le Conseil de l'Europe, va encore y contribuer. Y figurent une vingtaine de versions du morceau, du jingle de six secondes à la version orchestrale de sept minutes. Du classique au jazz, en passant par une version trance (genre Benny Benassi remixe Ludwig) et même hip-hop. Selon l'AFP, cette dernière figure déjà en ritournelle d'attente sur les répondeurs de l'institution. Selon un initiateur du projet, «l'idée de départ était (..
L'hymne rabat-joie
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Publié le 07/05/2004 à 0h30
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